Page:René de Pont-Jest - Le Procès des Thugs.djvu/516

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fixé l’exécution de son arrêt au 11 juillet, c’est-à-dire qu’il ne restait plus à James que quelques jours à vivre.

Le lendemain de cette visite, ce fut Tom qui se présenta à son tour à Newgate.

L’entrée du colosse dans la cellule de son ami fut celle d’un lion déchaîné qui veut tout briser devant lui.

Deux gardiens l’avaient accompagné et ne le perdaient pas de vue.

Ses yeux étaient injectés ; ses poings fermés semblaient chercher une victime.

Ce fut James qui le calma.

— Tom, lui dit-il doucement, nous sommes des hommes, n’est-ce pas ? Écoute-moi sans m’interrompre ; tu verras ensuite si tu dois me faire le serment que je veux te demander.

— Parle, je t’écoute, grogna l’ouvrier.

Le brave garçon n’osait tenter une plus longue phrase, car il ne trouvait pas de mots pour exprimer sa colère. De plus, il sentait que les sanglots allaient l’étouffer.

James alors raconta à Sanders la séduction dont Mary avait été la victime et les tentatives de Saphir pour amener le fils de M. Berney à réparer sa faute.

— Rien de plus simple, répondit Tom qui, pendant ce récit, avait fait des efforts surhumains pour rester maître de lui, il faut que M. Edgar Berney épouse Mary. S’il refuse !

— Il refusera.

— Eh bien ! je l’écraserai comme une bête venimeuse. Une fois ce misérable mort, c’est moi qui deviendrai le mari de ta sœur et le père de son enfant… si Mary veut de moi, toutefois.

L’ouvrier avait prononcé ces derniers mots avec autant de tristesse qu’il avait mis de simplicité à formuler la proposition qui les avait précédés.

— Ah ! tu est bien le cœur bon et honnête que je savais, répondit James avec admiration et j’accepte ton sacrifice. Mais ce que j’exige de toi, c’est la promesse de n’exercer aucune violence contre M. Berney. D’abord, si je me rappelle bien ce que m’a dit mon avocat à ce sujet, il a disparu et Mary est peut-être déjà vengée.

— Tant mieux, car, vois-tu ! mais enfin, c’est bon, je t’obéirai.

— Une seule personne peut te dicter ta ligne de conduite, c’est cette brave fille qui m’a promis de tout faire pour ramener M. Berney à de meilleurs sentiments. Saphir demeure Dove’s street. Va la trouver, et remercie-la bien sincèrement de ma part de l’intérêt qu’elle porte à ma pauvre sœur.

— C’est tout, hasarda Tom, tu n’as plus rien à me dire ?