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LE SERMENT D’ÉVA

I

Un matin de l’un des premiers jours de mars 1876, vers dix heures, sous un ciel gris et bas, où, chassés par une brise violente, couraient de lourds nuages chargés d’électricité, noirs, menaçants, un homme simplement, mais élégamment vêtu et coiffé d’un feutre mou, arpentait à grands pas la cour de l’hôtel de la Minerve, à Rome.

Cet homme, que ceux qu’il croisait saluaient avec respect, était un beau cavalier, jeune encore, quarante ans à peine, d’une taille au-dessus de la moyenne, aux épaules larges, à la tournure militaire, et dont le profil césarien trahissait l’illustre origine.

C’était le prince Charles Bonaparte, petit-fils du savant et libéral Lucien, le seul des frères de Napoléon qui ne fut pas roi, tout simplement parce qu’il était, après l’Empereur, le membre le plus distingué, mais aussi le plus indépendant de la famille.