Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/139

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eut un moment de surprise ; puis elle pensa que son voisin lui donnait, sans doute, lui aussi, des nouvelles des débats, puisqu’il y avait assisté, — son avocat le lui avait dit, — et elle se mit à lire ces lignes inattendues :


« Madame,

« Ce que je viens d’entendre au Palais de vos épreuves et de votre martyre a transformé en un dévouement aveugle la sympathie que vous m’avez inspirée le premier jour que le hasard nous a rapprochés.

« Je devrais vous taire ce sentiment qui s’est emparé de moi ; mais bientôt, peut-être, un ami vous sera nécessaire, et je ne veux pas que vous ignoriez une heure de plus combien je suis le vôtre.

« Pardonnez-moi de vous parler de la sorte, aussi brusquement, sans même qu’un de vos regards m’ait autorisé à le faire. Si j’attendais à demain, à ce soir seulement, il se pourrait que je fusse redevenu maître de moi, et je n’aurais plus l’audace de vous dire que je suis à vous tout entier.

« En échange de cette affection que je vous ai vouée, je n’implore rien de vous que la promesse de m’appeler au moment où vous aurez besoin d’un défenseur prêt à vous donner sa vie. »


— Et la réponse ? demanda Catherine qui n’avait pas quitté la chambre, mais ne s’apercevait pas de l’émotion de sa jeune maîtresse.