Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/241

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

c’est en ouvrant la porte du salon, où ils étaient si complètement absorbés par leur entretien, qu’il avait entendu la dernière phrase de son ami et lui avait répondu par une question. Mais en s’apercevant de l’émotion que causait à Éva son arrivée subite, il courut à elle pour lui dire, en l’embrassant avec tendresse :

— Je t’ai fait peur et je suis indiscret ! Pardonnez-moi tous deux.

— Ma foi, bien au contraire, riposta vivement Raymond, tu arrives fort à propos.

Et comme la jeune femme le suppliait du geste de se taire, il ajouta :

— Non, il est préférable d’en finir tout de suite, puisque vous êtes résolue à mettre votre projet à exécution.

Le médecin avait bien compris que la décision de Mlle de Tiessant était irrévocable.

— Quel projet ? demanda Ronçay, dont les regards inquiets allaient alternativement de Bernel à son amie. Vous savez que vous m’intriguez beaucoup.

— Eh bien ! soit ! docteur, fit alors Éva, dites-lui tout, mais pas devant moi.

Et, se jetant dans les bras de son amant :

— Oh ! ne crains rien, poursuivit-elle, notre bonheur n’est pas menacé. Il ne s’agit que d’une nouvelle preuve d’amour que je veux, que je dois te donner !

Tout en rassurant ainsi Gilbert, elle avait pris sa