Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 4 Antechrist, Levy, 1873.djvu/456

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certainement le vrai Israël spirituel, l’« Israël de Dieu », comme dit saint Paul[1], la famille élue embrassant tous ceux qui se sont rattachés à la race d’Abraham, par la foi en Jésus et par la pratique des rites essentiels. Mais il y a une catégorie de fidèles qui est déjà introduite dans le séjour de la paix ; ce sont ceux qui ont souffert la mort pour Jésus. Le prophète les voit sous la figure d’une foule innombrable d’hommes de toute race, de toute tribu, de tout peuple, de toute langue, se tenant devant le Trône[2] et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, portant des palmes à la main, et chantant à la gloire de Dieu et de l’Agneau. Un des vieillards lui explique ce que c’est que cette foule : « Ce sont des gens qui viennent d’une grande persécution[3], et ils ont

    qui n’ont pas préalablement adopté les règles du judaïsme sont ces disciples de Balaam pour lesquels il se montre si sévère (ch. ii et iii). Tout chrétien fait pour lui partie d’Israël et a sa capitale spirituelle à Jérusalem (xviii, 4 ; xx, 9 ; xxi, 2, 12 ; comp. Matth., xix, 28 ; Jac., i, 1). Les gentils viennent simplement, comme de bons étrangers soumis et conquis, rendre leurs hommages à Dieu dans Sion (xv, 3-4).

  1. Gal., vi, 16.
  2. L’auteur évite de nommer l’être ineffable. Les juifs plus ou moins cabbalistes se servent aussi pour désigner Dieu d’expressions comme « le Nom », « le Trône », « le Ciel ».
  3. Θλίψεως μεγάλης, mot ordinaire pour exprimer la catastrophe de l’an 64. Voir ci-dessus, p. 167, note 1, et p. 217, note 1.