Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/110

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ce furent les anciens qui choisirent parmi eux leur président et le soumirent à l’acclamation du peuple[1]. Comme ce choix ne se faisait jamais sans que l’on eût préalablement consulté l’opinion, l’acclamation ou plutôt le vote par main levée[2] n’était en fait qu’une formalité ; mais elle suffisait pour conserver le souvenir de l’idéal évangélique, d’après lequel l’esprit de Jésus résidait essentiellement dans la communauté[3]. L’élection des diacres était également à deux degrés. La désignation se faisait par l’évêque ; mais l’approbation de la communauté était nécessaire pour que le choix fût validé[4]. Une loi générale de l’Église est que l’inférieur n’y a jamais nommé son supérieur. Voilà ce qui donne encore aujourd’hui à l’Église, au milieu de la tendance toute contraire de la démocratie moderne, une si grande force de réaction.

C’est dans les Églises de Paul que ce mouvement vers la hiérarchie et l’épiscopat était particuliè-

  1. Clém. Rom., Epist. I, c. 44.
  2. Χειροτονία. Dans Act., xiv, 23, et dans II Cor., viii, 19, comme du reste dans beaucoup de passages des classiques grecs, χειροτονεῖν a, par extension, le sens de « choisir », sans impliquer la participation d’une foule levant les mains. Comparez Constit. apost., VII, 31.
  3. Matth., xviii, 17-20.
  4. Constit. apost., III, 15 et VII, 31.