Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/111

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rement sensible. Les Églises judéo-chrétiennes, moins vivantes, restaient des synagogues et n’aboutissaient pas aussi nettement au cléricalisme. Aussi est-ce par des écrits prêtés à Paul, que l’on créa des arguments à la doctrine qu’on voulait inculquer. Une épître de saint Paul était une autorité hors de ligne. Plusieurs passages des lettres authentiques de l’apôtre prêchaient déjà la hiérarchie, le respect de l’autorité des anciens. Pour avoir des arguments encore plus décisifs, on supposa trois petites épîtres, censées écrites par Paul à ses disciples Titus et Timothée. L’auteur de ces écrits apocryphes n’avait pas entre les mains les Actes des apôtres ; il connaissait d’une manière vague, et non par le détail, les courses apostoliques de Paul[1]. Comme bien peu de personnes avaient des notions plus précises, il ne se compromettait pas beaucoup pour cela, et d’ailleurs le sens critique faisait alors tellement défaut, que l’idée de rapprochements de textes en vue d’un débat contradictoire ne venait à personne. Quelques passages de ces trois épîtres sont d’ailleurs si beaux, qu’on peut se demander si le faussaire n’avait pas entre les mains quelques billets authentiques de Paul[2],

  1. V. Saint Paul, introd., p. xxiii-lii.
  2. II Tim, iv, 6 et suiv. Ce qui appuierait cette hypothèse,