Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/124

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cution, les élus finiraient par obtenir justice, comme une veuve qui triomphe de la négligence d’un juge inique à force d’importunité[1]. On commençait néanmoins à se lasser. La génération qui ne devait pas disparaître tout entière avant l’apparition du Christ glorieux était, sans aucune exception possible, descendue au tombeau. Plus de cinquante ans s’étaient passés depuis les événements qui ne devaient précéder que de peu l’accomplissement des prophéties de Jésus[2]. Toutes les villes d’Israël avaient depuis longtemps entendu la prédication chrétienne[3]. Les gens malveillants en tiraient l’occasion de railleries[4]. Les bons esprits répondaient que la première règle du vrai croyant était de ne pas supputer les dates[5]. « Il viendra comme un voleur, quand on y pensera le moins[6], » disaient les sages : « Il viendra en son temps[7], » dit l’auteur des épîtres à Timothée, et, en attendant, ce bon et pratique pasteur donnait des

  1. Luc, xviii, 1 et suiv. Cf. Apoc., vi, 9-11.
  2. Εὐθέως. Matth., xxiv, 29. Ce mot n’est plus dans Luc, xxi, 25. Luc admet des καιροὶ ἔθνων entre la ruine de Jérusalem et les catastrophes finales ; mais ces καιροὶ ne peuvent être bien longs. Cf. Apoc., xi, 2.
  3. Matth., x, 23.
  4. II Petri, iii, 3 et suiv.
  5. Act., i, 6.
  6. Matth., xxiv, 43 ; Luc, xii, 39 ; I Thess., v, 2.
  7. Καιροῖς ἱδίοις. I Tim., vi, 14-15.