Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/209

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teur de la province de Judée[1], et dont les mécontents changèrent le nom en Tyrannus Rufus[2].

Ces tracasseries, auxquelles il était facile d’échapper dans les cas qui seuls importaient aux familles pieuses, savoir les cas relatifs à la circoncision des enfants, ne furent pas la principale cause de la guerre. Ce qui réellement mit les armes aux mains des Israélites, ce fut l’horreur que leur causait la transformation de Jérusalem ou, en d’autres termes, les progrès de la construction d’Ælia Capi-

    (dans l’Histoire ecclésiastique, il y a simplement Ῥοῦφος). Saint Jérôme et le Syncelle ont lu Τίννιος ; le manuscrit sur lequel a travaillé le traducteur arménien portait Τικινίου. Saint Jérôme, In Zach., viii (Opp., III, 1753, Mart.), nomme ce personnage T. Annius Rufi filius. Borghesi (Opp., IV, p. 167 ; VIII, 189 et suiv., 581) a tranché la question en faveur de la forme Tineius, et il retrouve notre personnage dans une inscription de Marini, Fr. Arv., p. 664, note 101. La gens Tineia eut de l’importance (Marini, Arv., 653 ; Borghesi, VIII, 189 et suiv. ; Waddington, Fastes, 248 et suiv. ; Médailles, dans Noris, De epoch. Syromaced., p. 399). On trouve un T. Turranius Rufus dans une inscription latine de Dalmatie, n° 2871 du Corpus ; cf. n° 2810. Le célèbre Rufin d’Aquilée s’appelait Tyrannius Rufinus.

  1. Sur ces légats propréteurs, qui avaient succédé aux procurateurs, voir Corpus inscr. gr., nos  4029, 4544, 4616, en tenant compte des corrections de M. Waddington.
  2. Les talmudistes ont confondu les mesures vexatoires et celles qui suivirent la guerre. Mais il résulte de l’inscription de Dalmatie, n° 2830 (Corpus inscr. lat., III, 1e partie, p. 368) que Tineius Rufus ne fut pas légat de Judée après la guerre.