Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/216

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Regardant celui qui le portait comme le sauveur prédestiné d’Israël, Aquiba lui fit, dit-on, l’application du verset Nombres, xxiv, 17 : « Une étoile (kokab) s’élèvera de Jacob », verset auquel on prêtait un sens messianique. Le nom de Bar-Coziba se trouva de la sorte changé en Bar-kokaba[1] « le fils de l’étoile[2] ».

Bar-Coziba, ainsi reconnu par l’homme qui, sans titre officiel il est vrai, mais en vertu d’une sorte d’acceptation générale, passait pour le guide religieux du peuple israélite, devint le chef de la révolution[3], et la guerre fut décidée. Les Romains négligèrent d’abord ces folles agitations. Béther, dans une position écartée, loin des grandes routes, attirait peu leur attention ; mais, lorsque le mouvement eut envahi toute la Judée, et que les Juifs commencèrent partout à former des groupes menaçants, il fallut ouvrir les yeux. Les attaques, les embuscades contre la force romaine se multipliaient et devenaient meurtrières. En outre, le mouvement, comme il arriva en 68

  1. Midrasch Eka, ii, 1, 2 ; Talm. de Jér., Taanith, iv, 7, 8 (68 d). Derenbourg, p. 423 et suiv.
  2. C’est le nom par lequel il est désigné chez les chrétiens et aussi chez les auteurs juifs du moyen âge. V. Carmoly, Itinéraires, p. 252, 253. Je ne sais ce que veut dire l’épithète ὁ μονογενής que lui donne le Syncelle (p. 660), à moins qu’elle n’ait un sens messianique.
  3. Ὁ τῆς ἀποστάσεως ἀρχηγέτης. Saint Justin.