Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/226

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L’empereur reçut la salutation impériale pour la seconde fois[1].

Ce qu’on ne tua pas fut vendu au même prix que les chevaux à la foire annuelle du Térébinthe, près d’Hébron. C’était l’endroit où Abraham était censé avoir campé quand il reçut la visite des trois personnages divins. Le champ de foire, délimité par une enceinte rectangulaire soignée, existe encore[2]. Un souvenir funeste s’attacha désormais pour les Juifs à cet endroit, jusque-là sacré à leurs yeux. Ils ne parlèrent plus de la foire du Térébinthe qu’avec horreur. Ceux qui ne trouvèrent pas d’acheteurs à cet endroit furent menés à Gaza, et là exposés en vente à une autre foire qu’Adrien y avait établie. Quant aux malheureux dont on ne put se défaire en Palestine, on les transporta en Égypte ; beaucoup firent naufrage ; d’autres moururent de faim ; d’autres furent tués par les Égyptiens, qui n’avaient pas oublié les atrocités commises par les Juifs en ces mêmes parages, dix-huit ans auparavant[3]. Deux frères qui continuaient encore la résistance à Kafar-

  1. Henzen, n° 5457 ; Borghesi, Œuvr., VIII, p. 580.
  2. V. Mission de Phénicie, p. 800-802 ; Itinéraire de Bordeaux, p. 20, Tobler.
  3. Saint Jérôme, In Jerem., xxxi, 15 ; In Zach., xi, 5 ; Chron. d’Alex., à l’an 119 ; Eusèbe, Démonstr. évang., V, 9 ; Sozom., H. E., II, 4.