Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/245

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que vers la fin du iie siècle. C’était un petit roman plein de fraîcheur, comme les juifs excellaient à en faire, l’idylle par excellence de la piété juive et des joies du foyer[1].

Un certain Tobia[2], fils de Tobiel, originaire du pays de Cadès de Nephtali[3], est amené captif à Ninive par Salmanasar[4]. Dès son enfance, il avait été

  1. Nul doute que le livre de Tobie n’ait été composé en hébreu. Des particularités de la traduction grecque le prouvent : par exemple, iv, 11, confusion sur מנחה ; ix, 6, contre-sens sur את ; surtout iv, 17, בקבר pour בקרב. Cet original est perdu ; mais on en possède une traduction grecque (celle qui fait partie de la Bible orthodoxe), laquelle paraît serrer de près l’original. Les autres textes, chaldaïques, grecs, latins, syriaques, hébreux (modernes) sont des remaniements ou des imitations. V. Fritzsche, Libri apocr. Vet. Test., p. xvi et suiv., 108 et suiv. ; Neubauer, the Book of Tobit, Oxford, 1878. Nos citations se rapportent au texte orthodoxe, le seul qui représente l’original. Le texte chaldéen découvert par M. Neubauer suit les fautes de la traduction grecque. Ainsi, ch. i, il admet la ville de Thisbé. Voir l’appendice ii, à la fin de ce volume.
  2. Τωϐίτ semble une faute du traducteur (ה pris pour ת), faute commise avec intention peut-être, afin que le père et le fils n’eussent pas le même nom.
  3. Les textes grecs portent Κυδίως ou Κυδίων. Je lis Κυδίσων. Voir Jos., Ant., IX, xi, 1 (cf. B. J., IV, ii, 3). Le rapprochement de Ἄσωρα = Ἀσσήρ, de Tob., i, 2, se trouve dans Josèphe, l. c. et dans II Rois, xv, 29. — Ἐκ Θίσϐης est une mauvaise traduction de מתושבי.
  4. ΕΝΕΜΕΣΣΑΡΟϒ est une faute des copistes grecs pour ΣΑΛΜΑΝΑΣΑΡΟϒ.