Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/248

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Sara, fille de Raguel, qui, sept fois mariée, et bien qu’absolument pure, avait vu ses sept maris étranglés, la nuit même des noces, par le méchant démon Aëschmadaëva[1], qui, jaloux d’elle, tue ceux qui vont la toucher. Ces deux prières sont présentées à la même heure au trône de Dieu par Raphaël, un des sept anges qui ont le droit de pénétrer jusqu’au sanctuaire de la gloire divine pour y porter les prières des saints. Dieu exauce la supplication de ces deux justes éprouvés, et charge Raphaël[2] de réparer le mal.

On sait la charmante idylle qui suit. C’est à bon droit qu’elle a pris place parmi les fables consacrées qui, reproduites sous toutes les formes, ne lassent jamais. La moralité douce, l’esprit de famille, la piété filiale, l’amour et l’union éternelle des époux, la charité pour le pauvre, le dévouement à Israël n’ont jamais été exprimés en traits plus aimables. Bienveillance pour tous, stricte honnêteté, tempérance, grand soin de ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas se voir fait à soi-même[3], attention à

  1. Le démon de la concupiscence dans l’Avesta. Voir Vie de Jésus, p. 272.
  2. L’ange guérisseur, Rapha veut dire guérir.
  3. Ch. iv, 15. Cf. Matth., vii, 12 ; Luc, vi, 31 ; Clem. d’Alex., Strom., II, 23 ; Const. apost., I, 1. Cette maxime était en quelque sorte de droit commun. Comp. Philon, dans Eus., Præp.