Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/297

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ébionites, toute en hébreu, paraît avoir été faible. Seul leur vieil Évangile hébreu, ressemblant à Matthieu, conservait sa valeur. Les juifs convertis, qui ne connaissaient pas le grec[1], l’aimaient et en faisaient encore leur Évangile au ive siècle. Leurs Actes des apôtres, au contraire, étaient plus ou moins frelatés. Les Voyages de Pierre[2], à peine indiqués dans les Actes canoniques, reçurent de leur imagination des développements excessifs. Ils y joignirent de misérables apocryphes attribués à des prophètes, à des apôtres, et où Jacques paraît avoir joué un rôle principal[3]. La haine de Paul respirait dans tous ces écrits, dont nous retrouverons à Rome les analogues écrits en grec.

Une aussi fausse position condamnait l’ébionisme à mourir. « Voulant tenir une position intermédiaire, dit avec esprit Épiphane[4], Ebion n’a rien été, et en lui s’est accomplie cette parole : « Peu s’en faut que je n’aie eu tous les malheurs, mitoyen que je suis entre l’Église et la syna-

  1. Eus., H. E., III, xxv, 5.
  2. Περίοδοι.
  3. Épiph., hær. xxx, 6, 15, 16, 18, 23 ; Irénée, I, xxvi, 2 ; III, xi, 7 ; Eusèbe, H. E., III, 27 ; VI, 27. Saint Jérôme, In Matth., xxvii, 9. L’écrit de Jacques était intitulé Ἀναϐαθμοὶ Ἰακώϐου. Cf. Journal asiat., févr.-mars 1867, p. 194.
  4. Épiph., hær. xxx, 1.