Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/33

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aux autres hommes ; des ruisseaux de miel s’échapperont des rochers et des fontaines, un lait d’ambroisie coulera pour les justes, parce qu’ils ont espéré, avec une piété ardente et une foi vive, en un seul Dieu, père de toute chose, unique, suprême[1].


Enfin le fuyard parricide, trois fois annoncé, rentre en scène[2]. Le monstre inonde la terre de sang. Il prend la ville de Rome, y allume un incendie comme on n’en vit jamais. Une mêlée générale du monde s’ensuit ; tous les rois, tous les aristocrates périssent, afin de préparer la paix aux hommes justes, c’est-à-dire aux juifs et aux chrétiens. La joie de l’auteur sur la ruine de Rome éclate une troisième fois.


Parricides, laissez là votre fierté et votre orgueil coupable, vous qui réserviez pour les enfants vos embrassements infâmes, qui placiez dans des maisons de débauche des jeunes filles jusque-là pures, exposées maintenant aux violences et aux derniers opprobres[3]…… Tais-toi, malheureuse ville méchante, autrefois pleine de rire. Dans ton sein les vierges sacrées ne retrouveront plus le feu divin qu’elles alimentent ; car il s’est éteint, ce feu conservé si

  1. Vers 259 et suiv.
  2. Vers 360 et suiv. Cf. Lactance, De mort. persec., 2.
  3. Allusion aux filles juives qui furent mises à Rome dans des maisons de prostitution, après la victoire de Titus. Jos., B. J., VI, ix, 2-4. Cf. Derenbourg, Pal. d’après les Thalm., p. 293-294.