Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/34

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précieusement, quand je vis pour la seconde fois un autre temple tomber à terre[1], livré aux flammes par des mains impures, temple toujours florissant, sanctuaire permanent de Dieu, bâti par les saints et incorruptible pour l’éternité…… Ce n’est pas, en effet, un dieu fait de commune argile que cette race adore ; chez elle, l’habile ouvrier ne façonne pas le marbre ; l’or, employé à séduire les âmes, n’est pas l’objet d’un culte. Mais ils honorent par des sacrifices et de saintes hécatombes le grand Dieu dont le souffle anime tout ce qui vit.


Un homme élu[2], le Messie, descend du ciel, remporte la victoire sur les païens, bâtit la ville aimée de Dieu[3], qui renaît plus brillante que le soleil, y fonde un temple incarné[4], une tour de plusieurs stades de front, atteignant les nuées, pour que tous les fidèles voient la gloire de Dieu. Les sièges de la civilisation antique, Babylone, l’Égypte, la Grèce, Rome disparaissent les uns après les autres ; les colosses d’Égypte, en particulier, se renversent et jonchent le sol ; mais un des prêtres vêtus de lin convertit ses compatriotes, leur fait abandonner leurs

  1. La sibylle est censée vivre toujours et assister sans perdre son identité aux événements de l’histoire. C’était une opinion répandue que, au moment où le temple de Jérusalem tomba sous Vespasien, le feu du temple de Vesta s’éteignit à Rome.
  2. Ἀνὴρ μακαρίτης (vers 413).
  3. Cf. Apoc., xx, 9.
  4. Ἔνσαρκον (v. 422).