Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/35

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


vieux rites et bâtir un temple au vrai Dieu[1]. Cela n’arrête pas la fin du monde antique. Les constellations se heurtent ; les corps célestes tombent sur la terre, et le ciel reste sans astres[2].

Il y avait donc sous Adrien, en Égypte, un groupe de pieux monothéistes pour qui les Hébreux étaient encore le peuple juste et saint par excellence[3], aux yeux desquels la destruction du temple de Jérusalem était le crime irrémissible, vraie cause de la ruine de l’empire romain, qui entretenaient un nid de haine et de calomnies contre les Flavius[4], qui espéraient la résurrection du temple et de Jérusalem, concevaient le Messie comme un homme élu de Dieu, voyaient ce Messie dans Jésus et lisaient l’Apocalypse de Jean[5]. L’Égypte nous a depuis longtemps habitués aux singularités en ce qui concerne l’histoire juive et chrétienne ; son développement religieux n’était pas synchronique à celui du reste du monde. Des accents comme ceux que nous venons d’entendre

  1. Vers 491 et suiv. (cf. vers 504). Idée inspirée par Isaïe, xix, 18-25, et par le temple d’Onias (Jos., Ant., XIII, iii, 1).
  2. Vers 511-530.
  3. Ἑϐραίων ἅγιοι πιστοὶ καὶ ναὸς ἀληθής. Vers 160.
  4. Vers 39. L’auteur sibyllin admet l’idée populaire que Titus détrôna son père Vespasien. V. ci-dessus, p. 12, note.
  5. Comparez par exemple, Carm. sib., V, 154-160, à Apoc., xi, 1 ; xvii, 5.