Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/356

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des ennemis de Jésus et des apôtres[1]. Pierre et Paul, à Rome, annonçaient aux enfants d’Israël la destruction de leur ville et un exil perpétuel de la Judée, parce qu’ils avaient trépigné de joie sur les épreuves du Fils de Dieu[2].

Il semble, au premier coup d’œil, qu’un ouvrage aussi capital aurait dû prendre place dans le canon, à la suite des Actes des apôtres. Mais la rédaction en était incohérente et incapable de contenter d’une manière durable l’ensemble de la communauté chrétienne. Les connaissances évangéliques de l’auteur étaient trop incomplètes. Il admettait les plus fortes naïvetés de l’Évangile des Hébreux. Jésus confessait ses péchés ; c’était sa mère Marie qui le forçait à recevoir le baptême ; au moment du baptême, l’eau paraissait couverte de feu[3]. Paul, dans ses discours aux gentils, citait comme des autorités, qui devaient les convaincre, la sibylle apocryphe des juifs d’Alexandrie et Hystaspe, prophète païen, qui annonçait la ligue des rois contre le Christ et les chrétiens, la patience des martyrs, l’apparition finale du Christ[4]. Enfin, contrairement aux assertions for-

  1. Fragment dans Hilgenfeld, p. 59.
  2. Ibid., p. 60.
  3. Ibid.
  4. Ibid.