Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/364

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déjà saint Justin[1], les quartodécimans[2], Tertullien[3], et qui eurent assez d’importance pour que l’empereur Maximin II, au commencement du ive siècle, regardât comme un acte de bonne guerre de les contrefaire pour déverser sur les chrétiens le ridicule et le mépris[4]. Du moment qu’on admettait que Tibère avait été averti officiellement de la mort de Jésus, il était naturel de supposer que cette notification fût suivie d’effet. De là, l’opinion répandue que Tibère avait proposé au Sénat de mettre Jésus-Christ au rang des dieux[5].

Rome, on le voit, continuait d’être le centre d’un mouvement extraordinaire. Les hérétiques de toute sorte s’y donnaient rendez-vous, et venaient s’y faire

    Gesta reporte aussi au iie siècle. Cf. Tischendorf, Evang. apocr., p. liv et suiv., 203 et suiv. ; Apoc. apocr. lxi-lxiv ; Bleek, Einl., p. 321-323. Le tour du morceau aurait été changé. La forme de la pièce citée par Justin et Tertullien devait être celle d’un rapport. C’est ce qui a porté quelques critiques à retrouver la pièce lue par Justin et Tertullien dans l’Anaphora de Pilate, Tischendorf, Evang. apocr., p. 413 et suiv.

  1. Apol. I, 35, 48.
  2. Epiphane. i, 1. Cf. Jean Chrys., hom. vii in Pascha.
  3. Apolog., 21. Cf. Eus., H. E., I, 9, 11 ; II, 2 ; Chron., an 22 de Tibère ; Orose, VII, 4 ; Actes de saint Ignace, de saint Taraque, etc.
  4. Eusèbe, H. E., IX, 5, 7.
  5. Tertullien, Apol., 5 ; Orose, VII, 4. Comp. Lampride, Alex. Sév., 43.