Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/388

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Créateur et à transférer ce titre à un autre prétendu dieu. Tous ces gens-là s’appellent chrétiens, comme on appelle du nom commun de philosophes des personnes qui professent des doctrines opposées entre elles. Pratiquent-ils les monstruosités qu’on reproche aux chrétiens, lampes renversées, embrassements nocturnes, promiscuités, festins de chair humaine ? Nous l’ignorons, répond Justin ; en tout cas, on ne les persécute pas pour le fait même de leurs opinions.

La pureté des mœurs chrétiennes fait avec la corruption générale du siècle un admirable contraste[1]. Les fidèles qui s’interdisent le mariage vivent dans une chasteté parfaite. On en a vu un frappant exemple à Alexandrie. Un jeune chrétien, voulant opposer une réponse péremptoire aux calomnies que l’on répandait sur les prétendus mystères obscènes des réunions nocturnes, adressa une requête à Félix, préfet d’Égypte, pour qu’un médecin qu’il désignait eût la permission de lui faire l’opération des testicules. Félix refusa ; le jeune homme persista dans sa virginité, content du témoignage de sa conscience et de l’estime de ses frères. Quel contraste avec le dieu Antinoüs !

Le tableau des réunions chrétiennes est beau et

  1. Apol. I, 27, 29.