Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/387

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un des dogmes chrétiens qui n’ait été enseigné par quelque école philosophique, et pourtant ces écoles n’ont pas été persécutées pour cela. Le titre de Fils de Dieu n’est pas aussi insolite qu’il en a l’air. Un Dieu crucifié, né d’une vierge, cela n’est pas inouï[1]. Les mythologues grecs, les mille religions du monde ont dit des choses bien plus fortes[2]. N’a-t-on pas vu un personnage nommé Simon, du bourg de Gitton, en Samarie, passer pour Dieu à Rome, sous le règne de Claude, à cause de ses miracles, opérés par la puissance des démons ? Ne lui a-t-on pas élevé, dans l’île du Tibre, entre les deux ponts, une statue avec cette inscription latine : simoni deo sancto[3] ? Presque tous les Samaritains et quelques-uns des autres nations l’adorent comme le premier Dieu et regardent comme sa première Ennoia une certaine Hélène, en son temps prostituée, qui le suivait partout. Un de ses disciples, Ménandre, du bourg de Capparétée, opéra d’étranges séductions à Antioche par l’art des démons. Alarcion, originaire du Pont, qui vit encore, autre suppôt des démons, enseigne à un grand nombre de disciples à retirer au Père le titre de

  1. Apol. I, 22.
  2. Ibid., 24 et suiv.
  3. Ibid., 26, 56, 58. Cf. les Apôtres, p. 275 et ci-dessus, p. 326.