Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/405

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bien avant nous chez les Grecs et chez les barbares nous appartient. »

Une sorte d’éclectisme, fondé sur un rationalisme mystique, tel fut donc le caractère de cette première philosophie chrétienne[1]. L’apologiste s’appliquait à montrer que les points fondamentaux du christianisme n’avaient pas été étrangers à l’antiquité païenne, que les dogmes sur l’essence divine, sur le Logos, sur l’Esprit divin, sur la providence spéciale, la prière, les anges, les démons, la vie future, la fin du monde, pourraient s’établir par des textes profanes. Même les enseignements tout spécialement chrétiens sur la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ avaient des analogues dans les religions de l’antiquité[2]. On soutenait que Platon avait exprimé, dans le Timée, la doctrine du Fils de Dieu[3]. On faisait remarquer que, dans toutes les religions, les cérémonies se ressemblent, que la morale est la même partout. Loin de trouver là une objection, on concluait de cette universalité l’existence d’une révélation permanente, dont le christianisme avait été l’acte le plus éclatant.

  1. Justin, Apol. II, 13. Cf. Lactance, Inst. div., VII, 7.
  2. Apol. I, 21.
  3. Apol. I, 60. Cf. Cohort. ad Græc, 32.