Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/50

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Il paraît qu’à d’autres consultations du même genre Adrien répondit de la même manière[1]. Les libelles contre les chrétiens se multipliaient de toutes parts[2] ; ces délations constituaient un métier lucratif, car le délateur avait une partie des biens du condamné. En Asie surtout, les réunions provinciales, accompagnées de jeux[3], aboutissaient presque toujours à des exécutions. Comme couronnement de la fête, la foule demandait le supplice de quelques malheureux. La redoutable acclamation « Les chrétiens aux lions ! » devenait ordinaire dans les théâtres ; or il était rare que l’autorité ne se prêtât pas à de telles acclamations du peuple assemblé[4]. L’empereur, on vient de le voir, s’opposait autant qu’il pouvait à ces méchancetés ; le vrai coupable, c’étaient les lois de l’empire, qui donnaient du corps à des accusations vagues que le caprice de la multitude interprétait à son gré.

Adrien passa l’hiver de 125-126 à Athènes[5].

  1. Méliton, l. c. Cf. Tertullien, Apol., 5.
  2. Quadratus, v. ci-après, p. 41 ; Méliton, dans Eus., H. E., IV, 26 ; prétendu rescrit d’Antonin (ibid., IV, 13) ; Athénagore, Leg., c. 1.
  3. Ce qu’on appelait τὸ κοινὸν Ἀσίας.
  4. Tertullien, Apol., 40 ; S. Cyprien, Epist. 53, 56.
  5. Eusèbe, Chron., p. 166, 167, Schœne ; Corpus inscr. gr., 6280 (t. III, p. 925) ; Aurelius Victor, Epit., xiv, 2.