Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/543

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Pierre[1]. Il circula néanmoins des écrits du même genre attribués à Joseph, à Moïse, à Abraham, à Habacuc, à Sophonie, à Ézéchiel, à Daniel, à Zacharie, père de Jean[2]. Deux zélés chrétiens, préoccupés de la substitution d’un monde nouveau au monde antique, exaltés par les persécutions, avides, comme tous les faiseurs d’apocalypses, des mauvaises nouvelles qui venaient des quatre coins de l’horizon, reprirent le manteau d’Esdras, et écrivirent sous ce nom révéré des pages nouvelles qui se joignirent à celles que le pseudo-Esdras de 97 avait déjà fait accepter[3]. On a pensé aussi que les livres apocalyptiques attribués à Hénoch reçurent, au iie siècle, des additions chrétiennes[4]. Mais cela nous paraît peu probable ; ces livres d’Hénoch, autrefois si goûtés et que probable-

  1. Canon de Muratori, lignes 71-72. Cf. Tischendorf, Apocal. apocr., Leipzig, 1866.
  2. Canon d’Anastase le Sinaïte et Stichométrie de Nicéphore, p. 241, 243-244 (Credner). Cf. Tischendorf, Apoc. apocr., p. x, note, xxx, xxxiii ; Hilgenfeld, Barn. epist., edit. alt., p. xix.
  3. Ch. i-ii, xv-xvi de ce qu’on appelle le 4e livre d’Esdras latin. Ces deux derniers écrits paraissent être du iiie siècle. Dans le manuscrit d’Amiens, la distinction des trois parties du liber quartus est très-bien faite. Garnier, Cat. des miss. d’Amiens, n° 10 ; Bensly, The missing fragment, p. 6.
  4. Nous croyons que les livres d’Hénoch, dans leur totalité, et l’Assomption de Moïse sont, comme le psautier de Salomon et le livre des Jubilés, antérieurs au christianisme.