Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/545

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un des précurseurs de Dante, par la complaisance avec laquelle il s’étend sur la description du ciel et de l’enfer. Adopté par les sectes du moyen âge, cet ouvrage singulier devint le livre chéri des bogomiles de Thrace et des cathares de l’Occident[1].

Adam eut aussi ses révélations apocryphes. Un testament, adressé à Seth, apocalypse mystique empreinte d’idées zoroastriennes, circula sous son nom[2]. C’est un assez beau livre, qui rappelle beaucoup les Ieschts Sadés et le Sirouzé des Perses, et aussi par moments les livres des mendaïtes[3]. Adam y expose à Seth,

    ad Pamm., IV, 2e part., col. 254, Mart. ; Anastase le Sinaïte ; Cedrenus, p. 68 (Paris) ; Sixte de Sienne, Biblioth. sancta, II, p. 59, 3e édit.

  1. On le possède en latin du moyen âge et en éthiopien. Laurence, Oxford, 1819 ; Jolowicz, Leipzig, 1854 ; Dillmann, Leipzig, 1877 ; Migne (G. Brunet), Dict. des apocr., I, col. 647 et suiv. Quelques critiques distinguent l’Ascension et la Vision, et rapportent cette dernière au iie siècle.
  2. Conservé en syriaque et en arabe. Journ. asiat., nov.-déc. 1853 ; Migne, Dict. des apocr., I, 289 et suiv. Cf. le Syncelle, p. 10, et Cédrénus, p. 9 (Paris) ; Épiphane, xxvi, 8 ; Constitut. apost., VI, xvi ; décret de Gélase ; manuscrit du Fanar, Hilgenfeld, Barn. epist., edit. alt., p. xix, 6 ; Samuel d’Ani, Denys de Telmahar, Eutychius, El-Macin, etc., dans le Journal asiat., l. c. ; Wright, Contrib. to the apocr. liter. of New Test., p. 7, 24, 61-63 ; W. Meyer, Vita Adæ et Evæ, Munich, 1879. toute la partie relative aux heures de la nuit se retrouve presque mot pour mot dans les Prières des Falachas, publiées par M. Joseph Halévy (Paris, 1877), p. 7. Voir les Évangiles, p. 465.
  3. Journ. asiat., p. 436-437.