Page:Renan - Lettres intimes 1842-1845, calmann-levy, 1896.djvu/280

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bon Ernest, ni par notre excellente mère. Oh ! que ne puis-je être au milieu de vous, ne serait-ce qu’un jour, une heure !... Il me semble qu’à force de conviction je saurais aussi vous convaincre !

Quant aux arrangements de finances, tout sera prévu, mon cher ami ; Alain aura les premières instructions, les autres te parviendront directement à Paris ; j’ai là-dessus toutes les données nécessaires, et tout cela est beaucoup moins effrayant que tu ne pourrais te l’imaginer. Partout avec de l’ordre et de la régularité on vit avec économie, et des milliers de jeunes gens de ton âge suivent à Paris, sans grands frais, l’existence studieuse que je te recommande pour quelque temps. Tu sais que tous les cours de la Faculté des lettres et de la Faculté des sciences sont gratuits, que tous les grands dépôts de la science humaine, que toutes les bibliothèques de Paris sont ouvertes au public tous les jours de la semaine, que l’on peut y lire, y compulser, y prendre des notes dans la plus parfaite tranquillité (et à ce propos je te rappellerai en passant que la bibliothèque Sainte-