Page:Renan - Lettres intimes 1842-1845, calmann-levy, 1896.djvu/281

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Geneviève est éclairée et chauffée jusqu’à dix heures du soir). Profite donc, puisque cela est possible, de ces précieuses ressources. Encore une fois, les mesures que je t’offre ne sont que transitoires : toi seul dois adopter celles qui seront définitives ; mais sachons au moins employer fructueusement ces temps de transition, souvent si nécessaires à prolonger quand on ne veut pas compromettre tout son avenir. Je m’étendrais indéfiniment là-dessus, mon cher ami, car mon cœur est plein de ce que je t’exprime ; puisses-tu le comprendre comme moi !... Je t’ai écrit des pages pour te dire ce qui se résumerait facilement par ces mots : Prends tes grades, et suis pour cela des études libres, au moins pendant quelques mois ; sans ces études, il serait impossible de les obtenir, et dans toutes les hypothèses je les regarde comme le premier pas à faire. Je me flatte, mon bon Ernest, que tu ne méconnaîtras pas ma voix, que tu ne fermeras pas l’oreille à mes raisonnements ; j’ai besoin de le croire pour calmer les vives, les constantes sollicitudes auxquelles ta situation me livre. Que Dieu t’inspire, ainsi que notre chère ma-