Page:Renan - Ma soeur Henriette, Calmann-Levy, 1895.djvu/97

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Maschnaka, au-dessus du fleuve Adonis, logés dans une hutte de boue. Le passage continuel des vallées froides aux rochers torrides, la mauvaise nourriture, l’obligation de coucher la nuit dans des maisons très basses où, pour ne pas étouffer, il fallait tenir tout ouvert, lui donnèrent le germe de douleurs nerveuses, qui se développèrent bientôt. Au sortir des vallées profondes de Tannourin, après avoir couché au couvent de Mar-Iakoub, sur une des dents les plus abruptes de ces parages, nous entrâmes dans la région brûlante de Toula. Ce brusque contraste nous accabla. Vers onze heures, au village de Helta, elle fut prise de vives souffrances. Je la fis reposer dans la pauvre case du curé ; plus loin, pendant que j’allais recueillir les inscriptions, elle essaya de dormir dans un oratoire. Mais les femmes du pays ne lui laissèrent pas de repos ; elles venaient la voir, la toucher. Enfin