Page:Renard - Bucoliques, 1905.djvu/328

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PATRIE





Je me souviens que, ce soir-là, je n’avais pas vu mon village depuis longtemps ; je me promenais dans ses rues courtes qui me paraissaient autrefois embrouillées, et je trouvais ses maisons si basses qu’elles me faisaient de la peine.

Brusquement, j’aperçus, devant une porte, un petit gars, en robe, debout près d’une chaise et pas plus haut qu’elle.

Il criait : « Encore ! Encore ! »

Une vieille femme sortait de la maison et apportait, au creux d’une écumoire, deux ou trois haricots rouges, fumants, qu’elle laissait sur la paille de la chaise.