Page:Renard - Bucoliques, 1905.djvu/33

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
25
BUCOLIQUES

Et elle servit enfin la viande de bœuf et le reste du vermicelle qui s’y était collé comme par un jour d’orage.


X


Madame Corneille fut une fermière économe, et il ne lui arriva qu’une fois dans sa vie d’offrir quelque chose à un de ses domestiques. Il faisait chaud, chaud, ce jour-là ; jamais peut-être il n’avait fait si chaud. Inoccupée et à l’ombre sur sa porte, elle regardait Philippe, alors domestique chez les Corneille, barbouiller de vert une charrue. Coiffé d’un vieux petit chapeau déteint, sans forme, et qui n’était pas de paille, il suait, il fondait, il gouttait. La peau de sa figure devenait rose tendre. Juste sous le soleil, il travaillait tête basse et observé par sa maîtresse, il écartait la couleur, comme un vrai peintre.

Mme Corneille, quoique dure pour les