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BUCOLIQUES

— Et vous pareillement, bonsoir.

Elle tapota l’oreiller, l’édredon et elle se signait, déjà glissée entre les draps, lorsque la tante Rose parut sur sa porte.

— Allons, dit-elle, c’est fini, maman Jeanne. Je vous ai assez taquinée et je vous rends votre escalier.

— Trop tard, ma fille, dit maman Jeanne, qui nouait les brides de son bonnet. J’ai pris mes précautions pour cette nuit. Demain nous causerons avec Monsieur le juge de paix.

— Vous boudez ? dit tante Rose inquiète.

— Me laisserez-vous dormir, à la fin ? dit maman Jeanne, qui lui tourna le dos.

Un cercle de curieux se formait, et des gens couchés comme leurs poules se relevaient pour la visiter. Les paupières fermées, elle ne répondait plus.

— Vous n’êtes guère à plaindre, lui dit quelqu’un ; si je m’écoutais, moi, l’été, je coucherais souvent dehors, par peur des puces.

— Elle dort, dit un autre.