Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/17

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MARIE.

Oh ! monsieur !


GEORGES.

Je plaisante, mademoiselle ; à la campagne, j’aime tous les pains ; je mangerais du pain de chènevis ; je suis si heureux de voir des arbres et des champs, de voir Maurice et de vous voir, mademoiselle. Silence de Marie. Maurice a une sœur charmante, mademoiselle. Je me permets de dire que j’ai pour elle, depuis longtemps déjà, une vive sympathie. Silence de Marie. C’est singulier, mademoiselle, je trouve que vous avez quelque chose de votre grand’mère.


MARIE.

Moi ?


GEORGES.

Oui, là, au bas du visage.


MARIE.

Je ne suis pas aussi vieille.


GEORGES.

Je m’en doutais, mademoiselle ; vous avez même une dizaine d’années de moins que Maurice. Vous avez seize ou dix-sept ans, plutôt seize.


MARIE.

Je les aurai à la Saint-Martin.


GEORGES.

À la Saint-Martin, c’est parfait. Vous voyez que Maurice me tient au courant ; je sais aussi que vous vous entendez fort bien avec lui.


MARIE.

Des fois il me taquine.


GEORGES.

Oh ! le vilain ! mais vous avez bon caractère ?


MARIE.

Je ne sais pas.


GEORGES.

Moi je le sais, Maurice me l’a dit.


MARIE.

Il n’en sait rien ; il ne me voit presque jamais.


GEORGES.

Sans doute, mademoiselle. Cependant il ne connaît pas sa