Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/24

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MADAME PERRIER.

Je les destinais à monsieur Georges. Ficelle-les donc et descends-les.


GEORGES.

Oh ! madame, quelle attention délicate ! mais je déteste me charger…


MADAME PERRIER.

Ce n’est pas lourd. Les Parisiens aiment tant revenir de la campagne avec des bouquets.


GEORGES.

Je suis confus, madame ; je mets toute votre maison sens dessus dessous.


MAMAN PERRIER revient.

Tenez, monsieur, voilà une poignée de belles cerises.


GEORGES.

Au moins, je ne serai pas venu pour des prunes.


MAMAN PERRIER.

Elles sont mûres et juteuses, quoiqu’on les appelle des cerises aigres.


GEORGES.

Merci, madame ; en les suçant, je penserai à vous, mais l’heure approche, mesdames, souffrez que je me retire.


MADAME PERRIER.

Oh ! déjà ? Mon Dieu ! Seigneur !


MAMAN PERRIER.

Ne vous pressez pas, vous avez votre temps. L’heure du départ une fois bien fixée, nous ne plaisantons plus avec nos invités et nous n’avons jamais fait manquer le train à personne.


GEORGES.

D’ailleurs, j’ai mon billet ; j’avais pris un aller et retour.


MAMAN PERRIER.

C’est commode pour s’en retourner.


GEORGES.

Il est valable huit jours, mais qui vaut le plus, vaut le moins.


MARIE revenant.

Voici, monsieur, le petit paquet et les fleurs.


GEORGES.

Merci, mademoiselle. C’est bien tout, mesdames.