Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/7

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vous aime. Je vous ai oubliée par étourderie. Excusez-moi.


MADAME PERRIER, arrangeante.

D’ailleurs, à quoi ça sert d’écrire des longues lettres qui n’en finissent plus, quand on va se voir ?


GEORGES.

N’est-ce pas, madame ? Vous avez bien raison. Silence. Je reprends donc ma lettre.

Il met la lettre dans son portefeuille et laisse tomber une dépêche.


MADAME PERRIER.

Vous laissez tomber quelque chose.


GEORGES. Il ramasse la dépêche.

Merci, madame, ce n’est qu’une vieille dépêche bonne à déchirer.

Il la met dans son indicateur.


MADAME PERRIER.

Comme je suis ennuyée que Maurice soit sorti ! mais cela ne fait rien, monsieur, donnez-vous la peine…

Elle désigne la porte de la maison.


GEORGES.

Rentrera-t-il bientôt, madame ?


MADAME PERRIER.

Ah oui ! sans doute.


MAMAN PERRIER.

Est-ce qu’on sait, avec lui ?


MADAME PERRIER.

J’espère qu’il ne tardera pas. C’est un fait exprès. Maurice ne sort jamais le matin. Et, pour une fois que vous venez, il s’en va. Il doit courir par les champs. Voulez-vous qu’on le cherche ?


GEORGES.

J’attendrai un peu, en votre aimable compagnie, mesdames ; et s’il tarde trop, j’irai au devant de lui : cela me promènera, je verrai votre pays, qui m’a paru très joli, mesdames, sans flatterie.


MAMAN PERRIER.

Il est joli comme tous les pays.


GEORGES.

Madame, j’ai beaucoup voyagé et j’en ai rarement vu de plus plaisant.