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Page:Renard - La Lanterne sourde, Coquecigrues,1906.djvu/230

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Lycénion. — Comme vous êtes nature ! Une belle fille, et l’aisance vous attendent. Vous voilà casé. Vous croyez me devoir, en dommages et intérêts, quelque pitié. Il vous plairait d’être sentimental un quart d’heure au moins. Vous vous dites : « Puisqu’on me prépare un bon dîner, je vais regarder mélancoliquement ce coucher de soleil. »

Daphnis. — Alors, parlons de votre avenir. Que ferez-vous ?

Lycénion. — Je veux être sérieuse…

Daphnis. — Vous l’êtes déjà, et du bout des doigts vous tambourinez sur vos tempes comme un caissier qui trouve une erreur.

Lycénion. — Pratique. Ma santé ne me permettrait plus l’amour pour l’amour. Je chasserai au mari.

Daphnis. — Si la bête passe près de moi, je vous préviendrai.

Lycénion. — Riez. Dès demain matin, je commencerai mes courses.

Daphnis. — À quelle heure ?

Lycénion. — De bonne heure. Je me lève très bien, quand personne ne me retient au lit.

Daphnis. — Sincèrement, je vous enverrai des adresses.

VI

Daphnis. — C’est l’instant de nous énumérer nos qualités. Je commence : vous ferez une excellente épouse.

Lycénion. — Vous serez un bon mari, et si j’avais