Page:Renard - Le Professeur Krantz, 1932.djvu/33

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LA PETITE ILLUSTRATION LES LIVRES NOUVEAUX Les Lettre. te KaMertne Mansjleld. offre une sélection, comprend les extraits de trois livre. La fièvre décuple les facultés de vibrer, de sentir, fondamentaux : e Don juan » et e lago », e Faust s et d’aimer, de e recevoir» et de e donner » chez ceux que la « Perceval-Parsifal», e deux pour l’Enfer, deux pour le maladie achemine vers une mort prévue ou prématurée. Ciel», e Sortis de leur cadre légendaire, Isolés pour une Soif de vie intense, désir de se réaliser, besoin de s’exprimer. expérience de laboratoire, les personnages, sous le regard La beauté de ces vies intenses et douloureuses est d’autant plus saisissante que la transcription en est plus spontanée. chacun son secret. » Leur vie, après s’être affirmée réelle, Comme les notes intimes de Marie Bashklrtseff et de Marie atteint les hauteurs du symbole. Avec Orphée, le second Lenéru, les Lettres de ICatherine Mansfield (Stock. êdit.. 18fr.) recueil, le symbole devient le mythe divin qui e unit ont cet accent de sincérité qui étreint le lecteur et le force l’homme à l’univers». Plus de mythe ni de symbole dans à réfléchir. Comme ses deux soeurs littéraires, Katherine Itinéraire, qui vient ensuite et où le poète, comparaissant Mansfield aime passionnément cette vie que nous ne lui-même, affronte la vie et sa propre pensée. e Divoire, prenons pas le temps de vivre et qui est cependant e merveilleuse», écrit M. jamati, a beau introduire dans son esthétique douce-amère, tout ensemble une angoisse et la simplicité et la libre fantaisie, il n’en reste pas moins une joie. e je ne veux pas me résigner —s’écrie-t-elle —e le dedans de la tête est une fine vieille princesse... » je veux boire profondément, profondément I » Mais, tandis Quoi qu’il en soit, pensée subtile, sentiment nuancé, que Marie Bashkirtseff cherche à développer des dons impressions raffinées et rares s’enchevêtrent et se combinent exceptionnels, à créer, à briller, Katherine Mansfield veut avant tout l’adaptation de sa sincérité intérieure avec la vie, e Son aspiration essentielle est un certain figure de poète d’avant-garde, qui se rapproche d’un accord fondamental avec la vie, qui se traduit à la fois en Marinetti ou de l’Apollinaire des Calligramme.. Les images elle-même —observe justement dans sa préface M. Gabriel restent ingénieuses dans l’effort d’abstraction, mais Marcel —par l’acceptation de l’ordre mystérieux auquel peut-être sera-t-on retenu davantage par la sensibilité nous appartenons et, dans l’oeuvre d’art, par une transparence moins étudiée et qui se libère avec tant de simplicité qui ne saurait être obtenue qu’au prix d’un renoncement directe dans certains des poèmes anciens, comme par continuel et, dans son essence, éthique. » Malade et solitaire, traînant d’hôtel en hôtel, des années exemple le poème de e l’Amoureux» qui prend date durant, une vie sans espoir, Katherine Mansfield refuse de s’abandonner à la tristesse ; elle reproche aux humains de vivre e recroquevillés comme de petites plantes dans de petits pots qu’on aurait dû mettre en terre dans le jardin». Ce qu’il faut, c’est d’abord accepter la vie, puis se donner à elle entièrement. Elle est si courte et il y a une telle quantité de choses à faire et voire que nous n’aurons jamais assez de temps, pour cela». Mais, aussi intensément que nous puissions ou voulions vivre, il passe à côté de nous des choses que nous ne voyons pas, et ICatherine Mansfield d’exprimer le regret de ce qu’on n’a ni vu, ni éprouvé. Voir, éprouver ont pour cette amoureuse de la vie un sens dramatique et profond. Elle observe tout et tout pénètre en elle ; et la réceptivité est si grande qu’elle ressent le besoin spirituel de tout e retenir», de tout dire. Cette exceptionnelle faculté de s’assimiler et aussi de traduire toutes choses que révèlent non seulement ses autobiographies, ses lettres, son e journal», mais toutes ses oeuvres : e Félicité», e la Garden Party », etc., ne satisfait pourtant pas Katherine Mansfield qui se veut ne plus aimer les premières expressions lyriques où dort plus sincère, plus e réelle», et réve d’atteindre son e unité». le miracle de la jeunesse, car ces nostalgies mêmes Pour e vivre en relations avec toutes choses » et rester sont fraîches et pleines d’espoir. Fernand Divoire a bien aussi. fidèle à son idéal»,. quitter le bal masqué», cette fait de joindre les poèmes de 5952 aux extraits de ceux, assoiffée de vérité se retira, quelques semaines avant sa tout récents, qu’il compte publier en un prochain volume. mort, dans une colonie théosophique, à Avon. Son obsession de se e trouver», de s’ e enrichir», n’est-elle pas, au fond, l’inquiétude d’une àme qui recherche un Dieu —ce optimisme sans épines, car Il existe, vous ne l’ignorez quelque chose dont on n’a que des lueurs, des pressentiments, point, des optimistes fort dénigrants. L’art de Luclen des signes —ce Dieu dont elle adore toute la Boyer poète est rendu fort aimable par l’amour de la vie création ? •0 Poète. et poème.. vieilles villes de France, sans oublier Paris. Un livre publié par Eugéne Figulére unit à un recueil de poèmes de Fernand J)ivofre une étude très pénétrante et très nuancée de M. Paul jamatl sur Fernand Divoire e poète de la pensée et poète de la ,le». Comme René Ghil, Divoire fait de lac métaphysique émue»... M. jamati nous le présente comme un Celte d’Aine grecque. Sou oeuvre poétique, dont le présent ouvrage (12 fr.) nous majeurs. C’est d’abord Ames, avec quatre grands poèmes qui les scrute et la parole qui les interroge, révèlent et fort consciemment ce e vieil intellectuel retors » dont pour former le souple tissu de son lyrisme s. Dans les poèmes nouveaux, Fernand Divoire fait en 5952, ...C’est la solitude Enorgueillissanse du soir. C’est l’heure calme de l’étude, Et c’est l’heure où les désespoirs S’exaltent dans la paix du soir Tandis que l’éternelle lune 4 quoi vont rêvant chacun et chacuns Tombe fluide aux épaules des toits. O soir, je suis seul devant toi, Devant cette lune ennemie, Devant cette ville endormie ; 7e respire... Tout s’est éteint, De la-bas monte un murmure lointain Et là, semblable à ma lampe qui veille, 7e vois comme à tous les minuits Une lampe obstinée à veiller dans la nuit. Fraternelle clarté, solitude pareille 4 Cet isolement qui m’aime et me poursuit. Au prés de ce point qui luit dans la nuit, Même douleur que ma douleur peut-être... Il ne faut point, quand on a changé sa technique, L’humour de Luclen Boyer, chansonnier, est fait d’un et spécialement de la vie française dans le décor de. Le joyeux errant a d’ailleurs voyagé sous tous les ciel., Les typhons, dans I. Sud, m’ont versé leur baptême, Les -Russes, dans le Nord, m’ont versé leur vodka, 7’ai savouré le zbé chez Dam. Chrysatubèm., 7’ai pour AziyadJ préparé le moka.