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LA VISITE CRÉPUSCULAIRE


À Michel Cenac.

Au retour d’une longue croisière dans les mers arctiques (mon absence avait duré plusieurs mois), je m’empressai d’aller voir mon cher et grand ami Arnoldson.

Ses livres charmants m’avaient tenu com­pagnie au cours de l’exploration. Je les avais relus infatigablement pendant l’hivernage, à la triste lumière du ciel boréal ; et souvent, le soir, quand nous nous serrions autour du poêle qui chauffait notre carré, mes compagnons m’avaient demandé de lire à haute voix quelqu’une de ces pages dont la musique les berçait et dont la sagesse leur procurait un réconfort si puitsant.

Je revenais tout vibrant d’admiration pour Arnoldson et comme enfiévré d’un ardent besoin de le lui témoigner. Il me semblait l’avoir méconnu jusqu’alors. Malgré sa répu-