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le carnaval du mystère

planches, il se coulait furtivement dans les ténèbres.

Tout à coup, le galop étouffé d’un cheval se fit entendre à une certaine distance, vers le nord. Le bruit sourd décrût peu à peu. Le cheval s’éloignait.

Avec un grognement de rage, Harding, d’un poing crispé, boxa le vide.

— Lucy ! murmura-t-il. Cette fois, c’est elle qui est venue le rejoindre.

Et il jura tout bas, pris de fureur, empoigné par une détresse coléreuse.

Un pas s’approchait sans hâte.

Quand Simonson entra dans le bureau, il trouva son compagnon qui buvait sous la lampe.

— Déjà revenu ? fit Harding avec un sourire faux.

L’autre ne répondit pas.

— 22 heures, observa-t-il en regardant l’horloge. C’est vous qui veillez, n’est-ce pas ?

— Vous le savez bien.

— Bonne nuit, Harding.

— Meilleure pour vous, Simonson, qui dormirez votre content !

Il entendit le jeune homme se déshabiller derrière la cloison, et perçut le froissement des draps contre les voliges.

Harding, resté seul, songeait dans la nuit. « Lucy galopait sur son mustang, vers la ferme