Page:Renard - Outremort et autres histoires singulières, Louis-Michaud, 1913.djvu/265

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LA GLOIRE DU COMACCHIO

cru dans l’église San Francesco, dont l’écho répétait seize mots pour un qu’on lui jetait.

— « Bellissima ! » savourait le cardinal Pompeo Malatesta, commissaire apostolique.

— « Bellissima ! « décidait Falciero le jeune, peintre de la cour.

— « Bellissima ! » appuyait Ercole Torrigiani, l’inséparable écuyer d’Alfonso.

— « Bellissima ! » concluait le graveur sur pierres fines Faliero Belli, dont les camées faisaient fureur.

— « Bellissima ! » reprenaient Hannibale Stecchi et Lapo de’Platti, les spadassins ducaux, deux rudes chiens de garde qui ne connaissaient pas la peur.

Baccio triomphait, splendide comme un jeune dieu. Par instants, il regardait le ciel étoile, d’un air bienheureux.

Mais déjà le duc, affectant l’indifférence, avait pris à l’écart Ippolito Malespini, maître cavalcadour, et l’entretenait de la parade équestre dont il voulait rehausser son entrée à Modène. — On circulait en devisant. Des épagneuls nains et des levrettes deux à deux rôdaient entre les jambes, soupçonneux et