Page:Renard - Outremort et autres histoires singulières, Louis-Michaud, 1913.djvu/266

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LA GLOIRE DU COMACCHIO

craintifs. Et là-haut, dans la galerie du banquet, les serviteurs rangés le long de la balustrade assistaient à la réception. Cette contrée-là était brillamment éclairée ; les fresques semblaient sortir des murs, et les tapisseries de Flandre qui bouchaient les arcades montraient tout le relief de leurs verdures bleues et de leurs personnages épiques. Elles faisaient au lieu du régal un fond de singulière opulence, sur lequel on voyait d’en bas les musiciens souffler dans la cornemuse, le cornet et le fifre, gratter le luth et le théorbe, ou racler de la viole d’amour. — La nuit répandait une mansuétude.

Après un temps désœuvré, Baccio entendit le duc qui l’interpellait :

— « Eh bien, Unique ! Va-t-on souper ? »

— « Sur-le-champ, Magnifique !… Votre Altesse avait daigné prévenir l’heure… Mais nous voilà, je pense, au complet… »

— « Eh ! gentil cousin, tu fais la grimace ! Il y a de la contrariété dans tes sourcils… Mais, pardieu ! monsieur mon sculpteur, où est donc le divin modèle de ta divine sta-