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XXVI
PRÉFACE.


dieu d’une force dont il espère ne pas se servir " pour de bon "... Notre Homme d’Aujourd’hui est un bicycliste fréquent, contempteur du cheval de chair, et suffisamment excité par le cheval de fer pour avoir suivi presque toute la course Terront-Corré... Jules Renard est encore un chasseur et un pêcheur à la ligne émérite. " A dix-sept ans, c’était " un grand garçon roux, solide, au front bombé, à la physionomie originale et fine, aux yeux aigus, mais taciturne et peu enclin aux confidences. " En 1884 on écrit de lui : " C’est un jeune homme bizarre, point beau, blond à l’exagération, avec un crâne de mathématicien, des yeux enfoncés, une bouche malicieuse, et un accent du Nord peu agréable. " Accent du Centre eût été plus exact. En 1892, M. d’ Esparbès le voyait comme il suit ; " Dès l’abord, l'air d’un monsieur pincé qui a bu du verjus et qui se défie. Cause peu, écoute par l’œil qui semble même perdu sous les paupi ères, dilaté comme certains yeux de reptiles. Une barbe maigre et dure, d’un or mat, allongée en langue d’aspic, un front bombé dont la boursouflure puissante écrase l’arcade sourcilière. " Tel il resta.

8. Sa mort. — Dès le commencement de l’année 1910 il ressentit les atteintes décisives d’une artériosclérose qui ne devait pas lui pardonner. Il mourut dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mai de cette même année. L’après-midi du lundi il partit pour Chitry, comme il avait fait tant de fois, mais dans un cercueil. De la gare de Lyon, le train de dix heures et demie du soir l’emporta. Le mardi 24, à huit heures, le corbillard l’emmena de Corbigny à Chitry. C’était une matinée de clair soleil. A mesure que nous nous rapprochions du bourg, des femmes en caracos et bonnets noirs se joignaient au mince cortège. Les enfants de l’école l’attendaient à l’endroit où, quarante ans aupa-