Page:Retté - Le Symbolisme. Anecdotes et souvenirs.djvu/172

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ganisa des numéros spéciaux pour les groupes de poètes des provinces diverses, donnant ainsi une grande impulsion au mouvement décentralisateur qui occupe tant, à l’heure actuelle, les jeunes esprits. Elle mit en exposition l’œuvre des peintres, des sculpteurs et des ouvriers d’art. Elle s’occupa de sociologie et de musique. Elle eut même un théâtre de légendes.

On peut dire qu’aucune manifestation de l’intelligence ne lui était restée étrangère. Elle fut nettement révolutionnaire, mais elle le fut avec entrain et bonne humeur. Elle accueillit même la chanson, sachant qu’en pays de France, la chanson seule consacre et que rien ne dure sans elle. Elle devint, par cela même, un excellent instrument de propagande...

On vit, à ses soirées, fraterniser, devant les soucoupes, des esprits aussi disparates que Jean Moréas, Rachilde, Félix Fénéon, Gabriel Vicaire, Paul Roinard, Albert Samain, Paul Adam, Pierre Louys, Camille Lemonnier, Krysinska, etc., etc... »

Voulez-vous que nous assistions à l’une de ces séances ? Il est neuf heures du soir. Des groupes d’étudiants, de poètes, d’artistes descendent en longues théories de Montparnasse, de Montmartre et des Batignolles et s’engouffrent dans le café... Ne vous arrêtez pas, traversez la salle, descendez l’escalier qui plonge au sous-sol ; ouvrez la porte qui se présente. Vous restez une minute sur le seuil, suffoqué par le bruit, la chaleur et la fumée. Un spectacle étrange s’offre à la vue.