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revue musicale de lyon


fut inhumé dans l’église Saint-Paul[1], paroisse où il résida presque toute sa vie : son père y avait transporté sa maison venant du « costé de vers le Rosne », vers 1506[2]. En 1529, Claude figure sur un rôle de cotisations comme habitant rue de l’Angelle, en la maison Scêve[3].

De son mariage avec Marguerite Polyne, Rafi n’eut pas de descendants mâles, mais seulement deux filles : l’une, Marguerite, mariée successivement à Pierre Bourdin et à Claude Piedgay, notaire, à qui elle apporta en dot 1,423 livres 10 sols[4] ; l’autre, Jane, mariée à Octavien Collon : cette dernière possédait, en 1560, une maison rue de la Juiverie, près l’église Saint-Eloy[5]. Ni l’un ni l’autre de ses gendres ne suivirent la carrière de Rafi, en sorte qu’avec lui s’éteignit cette maison si prospère.

Marot fait fabriquer à Rafi un chalumeau ; Baïf, une musette ; dans nos archives, il est qualifié successivement de fleustier, fleusteur, fabricant et faiseur de fleustes, faiseur d’instruments de musique ; nous concluons de cette variété qu’il dut sortir de son atelier tous les instruments à vent en bois connus à l’époque, tels que : flûtes à bec ou traversières dans les registres aigus et graves, fifres, flageolets, chalumeaux, musettes, hautbois, basses de hautbois, tous d’un usage si commun au xvie siècle[6], qu’il n’est pas de relations de fêtes musicales sans qu’il soit fait mention de « l’allègre harmonie et de l’harmonieuse allégresse » des concerts de ces instruments, auxquels s’ajoutait ordinairement


le cornet à bouquin pour la grande satisfaction des auditeurs. Il n’est donc pas surprenant que la vogue de ces instruments jointe au mérite du luthier pût procurer à Rafi une situation brillante pour un artisan de cette catégorie à son époque. En 1531, il avait acquis à Sarcey (près l’Arbresle) une petite propriété en pré et vignes[7]. Il laissa également à sa mort 9 hommées de vigne à Sainte-Foy que sa femme et ses filles vendirent plus tard[8]. Enfin, le testament de sa veuve aux minutes de Me Du Troncy à la date du 17 septembre 1556 contient, outre l’institution d’héritier au profit de ses filles, des legs pieux, des legs de souvenir et des libéralités à des neveux de son mari, qui dénotent à la fois le bon accord et l’aisance qui régnaient dans cette famille[9].

Jusqu’à ce jour on ne connaît qu’un seul instrument de Rafi muni de la marque de son auteur : il figure actuellement sous le No 1066 du Musée instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles. Voici la description qu’en donne M. Mahillon dans le catalogue du musée dont il est le conservateur[10] : France, 1066. – Flûte de l’ancienne collection du comte Pietro Correr de Venise. Les intonations sont les suivantes au diapason actuel :

\relative {
  \key a \major
  a4 cis dis e fis gis ais |
}

Le perce de l’instrument mesure 18 millimètres

de diamètre : sa longueur totale


  1. Archives du Rhône, Fonds ecclésiastiques, série G, Comptes de Saint-Paul, rendus par Regnault, cantor, « avril 1553, viie ejusdem obiit Claudius Raffin, factor instrumentorum ».
  2. Page 3, note 3.
  3. Archives de Lyon, CC, 137, Nommées.
  4. Archives du Rhône. B. Insinuations, 27 janvier 1563.
  5. Archives de Lyon, FF, Insinuations d’aliénations, supplément, vol. 30, fo 146.
  6. D’après Du Verdier, Simon Gorlier publia en 1568 un livre de tablature de flûte d’alleman. Nous n’en connaissons aucun exemplaire.
  7. … Plus tient une grange ou maison au lieu de Sarcey, qu’il a acquis de Pierre Prin dudict lieu avec pré et vigne (8 hom.) comme il a baillé déclaration le 22 novembre 1531, Archives de Lyon, Nommées CC, 20.
  8. Archives de Lyon, FF, supplément, Registre des insinuations d’aliénation, vol. 30 fo 146.
  9. Archives départementales du Rhône. E, Notaires et Tabellions, Minutes du Troncy, Registre du 7 avril 1556 au 31 mars 1557.
  10. Catalogue descriptif et analytique du Musée instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, Gand-Hoste, 1896.