Page:Revue d’économie politique, 1887.djvu/639

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s’est chargé de la question ouvrière au lieu et place de M. L. Brentano. A peu près vers le même temps le travail de M. Brenlano était traduit en français[1].

Qu’on ne se méprenne pas sur la portée de cette appréciation sommaire du grand Manuel publié sous la direction de M. Schönberg. Je suis loin d’en faire fi. Il n’est certainement pas ce qu’il a la prétention d’être, une recomposition de la science sur de nouvelles bases ; il aurait bien plutôt le caractère purement négatif d’une tentative de démolition de l’ancienne économie politique. C’est bien moins un monument qu’un amas de matériaux qui attendront longtemps encore celui qui les mettra en œuvre de manière à en former un corps de doctrine auquel on puisse donner le nom de science. Ce n’est en réalité qu’un dictionnaire dans un ordre plus ou moins méthodique. Mais tel qu’il est, ce Manuel est un livre plein de faits, de documents, de renseignements sur les hommes et sur les choses, recueillis par des travailleurs consciencieux, tous très instruits, dont quelques-uns sont des penseurs éminents. C’est un livre à avoir sous la main pour le consulter fréquemment, plutôt qu’à lire tout d’une haleine.

Bien autrement considérable que le chapitre qu’il a écrit pour le Manuel de M. Schönberg, est le travail de reconstruction partielle que M. Emile Sax a entrepris dans l’ouvrage dont le titre figure en tête de cet article. Dans ses excellentes revues des publications économiques de l’étranger[2], M. Maurice Bloch lui a consacré une courte notice qui m’a engagé à le lire, et, l’ayant lu, il m’a semblé qu’il pourrait être utile de le faire connaître avec un peu plus de détails.

Quel est donc le but que s’est proposé l’auteur ? Ce but est-il plus ou moins révélé par le titre même de l’ouvrage ? Ai-je enfin

  1. La question ouvrière, traduit de l’allemand par Léon Caubert. Paris, 1885. Dans sa Préface, M. Caubert dit qu’il traduit le travail de M. Brentano, Die gewerbliche Arbeiterfrage, lequel forme un chapitre du Manuel de M. Schönberg. Il n’avait donc pas connaissance de la 2e édition d’où ce travail a disparu. Il ajoute qu’il a entrepris cette traduction, encouragé par les éloges que M. Léon Say a donnés à l’ouvrage de M. Brentano dans son livre sur le socialisme d’État, où il émet le vœu que cet ouvrage soit traduit en français. Je ne sais pas si c’est ici le cas d’appliquer la maxime post hoc ergo propter hoc, mais il est permis de supposer que les éloges de M. Léon Say n’ont pas été une recommandation auprès de quelques-uns des écrivains du Manuel.
  2. Voir le Journal des Économistes, livraison de juillet 1887, p. 69.