Page:Revue de métaphysique et de morale, supplément 4, 1909.djvu/15

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la nomenclature scientifique : la constitution de la langue internationale est l’occasion de développer et de régulariser la nomenclature scientifique, et d’achever de l’internationaliser. Chap. VII : Conclusion, par M. Pfaundler : il faut que les savants apprennent et adoptent peu à peu la langue internationale, et pour cela il convient de fonder une revue scientifique rédigée en cette langue et suivant le mouvement scientifique dans tous les pays. Appendices : pages-spécimens des dictionnaires de la langue internationale ; éléments de la grammaire de la langue ; statuts de l’Union des amis de la langue internationale, à laquelle le lecteur est invité à adhérer ; enfin l’expérience de double traduction effectuée sur une page de M. le prof. Comperz (dans les Griechische Denker), qui a été relatée dans cette Revue. On peut résumer cet ouvrage en disant, avec le prof. Ostwald, que le problème de la langue internationale passe à présent des mains des enthousiastes et des empiriques dans celles des savants compétents, et qu’il devient un problème scientifique technique dont la solution est aussi certaine que celle du problème de l’aviation.

A. Schopenhauer. Ethique, Droit et Politique, première traduction française avec préface et des notes, par Aug. Dietrich ; 1 vol. in-12 de 187 p., Paris, Alcan, 1909. — Nous avons déjà eu l’occasion de formuler des réserves au sujet de la méthode des traductions fragmentaires de Schopenhauer, entreprises par M. Dietrich. Nous ne pouvons que renouveler ici le regret de voir les Parenga et Paralipomena livrés au public français en morceaux détachés dont le choix et l’ordre de succession n’ont d’autre justification que les préférences du traducteur. Mieux eût valu traduire l’ouvrage tout entier, en suivant le plan adopté par l’écrivain. Le volume que nous avons sous les yeux traduit les chap. VIII, IX, XXVIII, XXVI des Parerga et Paralipomena (Ethique, Droit et Politique, Education, Observations philosophiques). Ces chapitres sont presque intégralement traduits, et les omissions (par ex. le court § 355, sur le délire et la folie) pourraient bien n’être que des oublis.

Entre ces quatre chapitres se trouve intercalé un cinquième, intitulé Philosophie du Droit, et qu’on n’est pas peu surpris de trouver dans ces extraits des Parerga et Paralipomena, d’autant plus que le traducteur se garde d’en indiquer la provenance. En cherchant un peu, on s’aperçoit que le chapitre vient d’une autre source, des fragments posthumes publiés par Grisebach, au tome IV du Nachlass, sous le titre, adopté par lui, de Nouveaux Paralipomènes. Le plus surprenant est que sous la rubrique, inventée par lui, de « philosophie du droit », le traducteur réunit des pensées provenant de manuscrits très divers et dont beaucoup n’ont avec le droit rien de commun, par exemple le curieux dialogue de Daphnis et de Chloé où il n’est question que du rôle des deux sexes dans la génération, ou le fragment très important de la page 126 sur le bon ou le mauvais caractère. Il était aisé d’éviter d’aussi grossières mégardes. Autre négligence : le traducteur sépare parfois les paragraphes unis par Schopenhauer et unit parfois ceux qu’il sépare (ex. pp. 180 et 181). Que n’a-t-il d’ailleurs conservé la numérotation des paragraphes à laquelle Schopenhauer tenait et qui lui servait pour les renvois, chez lui multiples, à ses propres ouvrages. Par exemple p. 157, on lit : « J’ai cité dans mon chapitre sur l’Ethique… ». De quel chapitre, et de quel passage s’agit-il ? On ne sait, alors que le texte renvoie formellement au § 114 des Parerga et Paralipomena.

On pourrait également relever quelques traductions inexactes. Reconnaissons toutefois qu’à cet égard la traduction de M. Dietrich est en général très satisfaisante et d’agréable lecture.

Der Mensch : Darstellung und Kritik der anthropologischer Problems in der Philosophie Wilhelm Wundts. par Friedrich Blinke, S. J. ; 1 vol. in-8 carré de 256 p., Graz, Imprimerie Styria, 1908. — Examinant ce que la philosophie de Wundt nous enseigne sur la nature de l’homme, son origine et sa destination, l’auteur lui reproche de ne pas satisfaire rigoureusement à toutes les exigences de l’esprit et de ne pas être souvent d’accord avec le dogme catholique. Considérant, d’autre part, que cette philosophie est « comme une lentille convergente qui concentre en un foyer lumineux les principaux courants de la pensée moderne », il s’imagine, en critiquant les idées de Wundt, démontrer du même coup les insuffisances de la pensée moderne en général. C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups.

Filosofia della Pratica, de Benedetto Croce ; 1 vol, in-8 de 415 p., Laterza, Bari, 1909. — Ce volume est le troisième et dernier tome de la Philosophie de l’Esprit, qui est selon l’auteur toute la philosophie. Après l’Esthétique (1902), après la Logique (1905), dont une édition toute nouvelle va paraître, il achève l’exposé du système hardiment idéaliste, que Croce