Page:Revue de métaphysique et de morale, supplément 4, 1913.djvu/17

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17 – est per se mala et inut’Uis, car elle est déprimante et irrationnelle l’homme sage secourt son semblable e-r. solo ratiotiis dictaminp. Hobbes ramène la pitié à l’égoïsme à sa théorie s’opposent celles de Cumberland et de Locke qui soutiennent l’originalité des tendances altruistes, celle de Wollaston qui voit dans la compassion la caractéristique de l’homme par opposition aux animaux, celle de Shaftesbury qui insiste sur la nature active de la pitié, celles de Butler, de Hutcheson, de Hume et de Smith pour qui la pitié est l’un .des critères moraux de la valeur des actions humaines. Pour liayle la pitié est un exemple très heureux d’une tendance naturelle de l’homme qui se rencontre aussi bien chez les athées que chez les chrétiens. La Rochefoucauld, La Bruyère – celui-ci avec des nuances rattachent la pitié à l’amour-propre. et Helvétius développe systématiquement leurs théories. Rousseau est pour des raisons faciles à démêler favorable à la pitié. Il la met au nombre des passions « douces et affectueuses » qui découlent de l’amour de soi », tandis que les passions haineuses » dérivent de l’amour-propre". La pitié es! pour ltousseau un sentiment qui nous met à la place de celui qui souffre, et qui est d’autant plus énergique que le spectateur s’identifie plus intimement avec l’être qui souffre. Les premiers représentants de l’ Aufklârung en Allemagne. inspirés par le rationalisme wolfiien, s’attachent surtout à dégager les éléments intellectuels de la pitié; c’est seulement quand Sulzer et Tetens ont mis au premier rang les facultés sentimentales dans l’homme que la pitié est considérée et appréciée dans son originalité comme phénomène de la sensibilité; Mendelssohn et Lessing examinent de près l’utilisation esthétique que la tragédie et le drame font de la pitié. Kant,dans la période précritique, s’attaque à la "particularité de la pitié; dans la Critique rie la Raisoti pratique et les Fondements i/p lit Métaphysique des Mœurs, il restaure un rationalisme moral au sein duquel la pitié ne peut trouver sa justification. Naturellement les philosophes qui défendent contre Kant les droits du sentiment en générât réhabilitent du même cou.p la pitié ainsi Herder. Mais Fichte, Fries, Herbart, sont sévères pour la pitié et ne lui accordent guère de valeur morale. Le grand apôtre de la pitié est Schopenhauer, qui l’onde sur ce sentiment la morale tout entière, parce que la pitié est le seul sentiment qui ne soit pas en son fond égoïste. Hartmann critique la théorie de Schopenhauer pour lui la pitié n’est jamais pure de tout alliage de sadisme, elle a toujours un caractère équivoque et ne peut en aucun cas servir de fondement à la morale elle peut seulement pousser l’individu dans certaines circonstances à des actions altruistes. Nietzsche, d’abord schopenhauerien et partisan de la morale de la pitié, se livre ensuite à la plus âpre critique de ce sentiment lâche, déprimant et contraire à la nature; la pitié est indigne de l’homme, ennemie de la vie; elle est au fond de la morale des esclaves. M. von Orelli fait suivre son utile et consciencieuse histoire des théories de la pitié d’une partie systématique où nous aurions aimé à trouver la marque d’une personnalité plus forte. La pitié est pour lui un sentiment, dont le contenu est constitué par un complexus de représentations le sentiment et la représentation sont les éléments indispensables de la pitié. La pitié est un sentiment douloureux qui renferme en lui-même un élément de plaisir; elle est un sentiment -sympathique et altruiste, qui pousse à l’action en vue de soulager la douleur d’autrui son efficacité en ce sens suffit à fonder sa valeur sociale et morale. Au point de vue métaphysique le phénomène de la pitié ne signifie pas, comme l’a pensé Schopenhauer, que la pluralité se résout en unité, mais seulement que les individus sont intimement unis au tout et par là reliés entre eux. Ces conclusions sans grande originalité, et que Al. von Orelli présente avec plus de timidité éclectique que nous venons de le faire, ne constituent pas la réelle valeur de’son livre celle-ci réside dans son enquête historique neuve et diligente sur un problème moral de premier ordre. Religion und Wissenschaft, Volkssclirif’ten ilber die jildische Religion par le Dr Ignaz Ziegler. 1 broch. in-18, de 49 p., i" année, n° 1, Frankfurt a. M., KaulTmann, 1913. il. Ziegler, dont nous avons signalé et loué en son temps une vigoureuse et suggestive étude sur la religion de l’esprit et la loi religieuse juive, aborde aujourd’hui dans le même esprit de foi sincère et de libre recherche le difficile problème des rapports entre la science et la religion. La religion n’est pour M. Ziegler que croyance, vérité pour le croyant, vérité relative au croyant eite est une croyance qui porte sur le supraterrestre, le suprasensible, l’invisible, Dieu. La science au contraire est la connaissance des choses terrestres, sensibles. La religion proclame la faiblesse et l’impuissance de l’homme en