Page:Revue de métaphysique et de morale, supplément 4, 1914.djvu/20

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ment spontané du développement de l’âme enfantine, et le point de jonction de ce mouvement spontané et de l’intervention éducative est précisément l’intérêt. La notion générale de l’intérêt appartient à la tradition pédagogique.’et De.wey, comme W: James, la reçoit immédiatement d’HerbarU Mais le sens très

vif de la réalité psychique et sociale, qui • caractérise la psychologie américaine, et queDewey possède à un.degré éminent, lui permet d’approfondir cette notion en la débarrassant de l’idéologie psychique d’Herbart, et de la rendre effectivement utile pour la pratique de l’éducation. Herbart cherchait à définir l’intérêt par les actions et réactions des ’idées considérées comme possédant chacune une

intensité propre et un pouvoir de répulsion ou de fusion l’égard de telles ou telles autres. Dewèy reconnaît que les intérêts doivent être découverts par l’observation de la nature de l’enfant, où ils sont constitués comme des modes réels d’activité, des systèmes dynamiques, .-̃« seules puissances auxquelles l’éducateur puisse s’adresser ». L’éducateur n’a pas seulement à. utiliser ces puissances de l’esprit enfantin pour des buts qu’il se propose en dehors d’elle il doit voir dans les intérêts de, l’enfant •̃ des fonctions qui renferment des possibilités et qui mènent à un but idéal ».

C’est l’intérêt ainsi compris qui est là seule base légitime pour la détermination et l’emploi des programmes d’études. La seco.nde -partie, du petit -livre met en lumière cette façon psychologique de considérer les programmes. Il faut t regarder les. objets d’étude comme étant en relation naturelle, bien que non actuellement réalisée, avec les intérêts de l’enfant..Les objets d’étude sont le fruit d’une évolution vitale de l’espèce, dont le -rapport est étroit avec l’évolution mentale de l’enfant, qui dépend d’elle et la prolonge. Ainsi le tableau de la science systématique des_ adultes nous renseigne suries capacités et.les instincts de l’enfant, nous aide à les interpréter. Et c’est. en raison de ces capacités et de ces instincts, interprétés à la lumière des sciences constituées,. qu’il faut déterminer la manière dont ces sciences doivent êli*e progressivement offertes à l’esprit de l’enfant, ou en d’autres termes qu’il faut mettre les programmes d’études en rapport avec -l’expérience. « L’éducateur n’a donc pas affaire aux matières d’enseigne-» ment en elles-mêmes, mais à ces matières dans leurs relations avec un processus de croissance intégrale. » Ce ne sont point des buts arbitrairement posés, ni on peut en ajouter une troisième catégorie qui porte sur son intellectualisme et son idéalisme, d’une façon plus précise sur la critique de la désignation, qu’il développe en partant de la critique hégélienne. Les mots ici, maintenant, moi, ne peuvent, dit M. Bradley,. apporter avec eux dans le domaine de la pensée la certitude rlu sentiment. Mais celle, critique suppose qu’en devenant des faits individuels, ils prennent place dans une série, et qu’en prenant place dans une sérieils perdent leur certitude. Mais un fait individuel est-il nécessairement un ternie dans une série"? D’autre part, n’y a-t-il pas des séries senties, ou des bases de séries senties dans l’expérience immédiate?. En allant plus loin, on peut se demander s’il est nécessaire, comme le dit M. Bradley, de chercher la vérité uniquement dans l’ordre des idées. Ne nous apprend-il pas que toute idée s’applique à la réalité? L’adésignation n’apporte pas de certitude

mais d’autre part toute idée est désignation. N’est-il pas légitime dès loi’s de se servir des idées, non pas pour s’éloigner de plus en plus (le l’expérience immédiate, afin (le la retrouver au terme transformée (et au fond niée), mais pour se rapprocher d’elle de plus en plus? Suivant que l’on répondra d’une façon ou d’une autre à cette question, on répondra par là même a la question que posait James quand il disait Bradley ou Bergson? "̃̃ L’École et l’Enfant, par John Pbwey, ` traduction par L.-S. Pidocx, avec une introduction par Ed. Claparéde. 1 roi. in-12, de xxxn-133 p. Neuchatel, Delachaux: et Niestlé, Paris, Fischbacher, 1913.Les" quatre études réunies sous ce titre sont:, fort propres à donner une idée juste’et. précise des conceptions pédagogiquès.de_J. Dewey. C’est un vrai service que.noûs.. a rendu le traducteur en fournissant à tous les éducateurs français le mo’y)en.deL profiter commodément de l’enseignement d’un des maîtres les plus justement, repu tés de la pédagogie contemporaine/’ L’excellente introduction d’Ed. Claparéde" complète heureusement la publication en:, offrant une vue d’ensemble de l’oeuvre du professeur de Columbia. et de ses expériences scolaires

La théorie de l’intérêt, objet de la prémière étude, est le centre de la pédagogie de Dewey; on peut ajouter qu’elle marque le centre vrai des études pédagogiques de ce temps, de celles du moins qui, se donnant pour tâche la pénétration psycho-sociologique du développement éducatif, présentent une valeur utile..– -̃ Le développement éducatif a son point de départ indispensable dans le mouve-