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IRLANDE.


ADRESSE D’O’CONNELL AU COMTÉ DE CLARE


« Oui, tu seras toujours mon sujet favori ; je te verrai dans mes songes brillante de gloire, Irlande, qui ne fut jamais vaincue : toutes mes pensées, tous mes vœux seront pour toi. »
Moore.


« La chambre des communes m’a privé du droit qui m’avait été conféré par le peuple de Clare. Je pense que j’ai été injustement et illégalement dépouillé de ce droit ; mais je ne puis appeler de cette décision qu’au peuple. J’en appelle à vous.

» Électeurs du comté de Clare, c’est à vous qu’est due la gloire d’avoir converti Peel et vaincu Wellington. La dernière élection de Clare est considérée comme la cause immédiate et forcée de la proposition du bill sur l’émancipation des catholiques : vous avez achevé de conquérir la liberté religieuse de l’Irlande. Encore une victoire semblable, et nous obtiendrons l’affranchissement de notre bien-aimée patrie. L’esprit de persécution ne souille plus la religion protestante ; les causes qui ont produit l’orangisme et le brunswickisme ne sont plus ; les catholiques sont émancipés, et la conscience est libre.

» Je le répète, c’est aux électeurs du comté de Clare que nous sommes redevables de ces heureux résultats ; mais il reste encore une foule de griefs et d’abus politiques et pratiques, il y a encore de nombreux obstacles à la prospérité de nos concitoyens, à la sûreté des pauvres et des riches, en un mot à la consolation du peuple irlandais. Électeurs du comté de Clare, donnez-moi le droit et le pouvoir de corriger ces abus, d’écarter les obstacles, d’abolir les taxes des comtés, et surtout la loi si avilissante qui établit la taxe des pauvres. Mais avant tout