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MEXIQUE.

chacun était censé appartenir. On sait qu’en Angleterre il y a schisme dans cette société, et qu’elle se partage en maçons d’Yorck et d’Écosse. Un parti s’intitula au Mexique el de Escocia ou Escoceses, et l’autre Yorkinos : dénominations équivalentes à celles de Wigh et de Tory, qui distinguèrent les factions politiques en Angleterre, et qui, comme ces dernières ont une application bien définie. Les Esoceses se composent en général des membres du haut clergé, qui se repentent un peu tard de la part qu’ils ont prise à la révolution d’Iguala[1] ; de l’aristocratie, des monarchistes, dont la plupart aimeraient à voir un prince de la famille de Bourbon sur le trône ; des centralistes, qui voudraient un gouvernement central et unique à la place des dix-neuf états de l’Union, et enfin des Espagnols d’Europe, à qui il répugne de se soumettre à une administration dirigée par des nationaux, dont le bigotisme et les préjugés tournent aujourd’hui contre eux. Les Yorkinos forment le parti du peuple ; il se com-

    (francs-maçons écossais) représentèrent leur arrestation comme une infraction flagrante à la loi, et accusèrent le gouvernement d’avoir violé la constitution. L’affaire fut portée devant le sénat par l’épouse du général Negrete. Elle invoquait la loi, qui voulait que tout individu arrêté pour cause de sûreté publique fût traduit à un tribunal compétent dans les 48 heures, demandait des juges pour son mari, et la mise en accusation du secrétaire de la guerre. Mais le 16 mai, le comité nommé par le sénat disculpa le gouvernement de tout blâme, et ses conclusions furent adoptées à une immense majorité.

  1. Les décrets des cortez d’Espagne soulevèrent contre eux le clergé mexicain, qui résolut d’effectuer la séparation de la nouvelle Espagne d’avec la métropole. Il appela le peuple à la révolte, et envoya proposer à Ferdinand lui-même de se retirer au Mexique. Mais comme il fallait provisoirement un chef, le clergé jeta les yeux sur Iturbide, de concert avec la noblesse, et lui confia l’exécution de son projet. Celui-ci ne répondit pas à la confiance qui lui avait été marquée. Il profita au contraire de la disposition des esprits pour fonder l’indépendance de son pays, où il espérait trouver un appui à ses projets ambitieux. Au lieu donc d’attaquer les insurgés, il leur communiqua ses intentions et proclama avec leur secours l’affranchissement du Mexique, à Iguala, le 24 février 1821.