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MEXIQUE.

L’élection du président qui devait avoir lieu au mois de septembre, absorbait toute l’attention publique. Deux candidats s’étaient mis sur les rangs, le général Vicente Guerrero, et le ministre de la guerre, Gomez Pedrazza.

Guerrero, surnommé le héros du Midi, et l’idole du parti Yorkino, paraissait réunir le plus de chances de succès. Il proclama un des premiers l’indépendance du Mexique, et n’avait jamais abandonné sa cause, même au milieu des plus grands revers. Homme intrépide, mais soldat avant tout, il semble du reste peu familier avec les secrets de l’administration.

Pedrazza, candidat des Escoceses, est un homme de mérite et de caractère. Il occupait sous le gouvernement royal un emploi qu’il conserva durant la révolution. Partisan du système aristocratique, il montre une grande prédilection pour les Espagnols. Ses adversaires l’appellent le second empereur du Mexique.

Les Espagnols, comme on le suppose bien, mirent tout en œuvre pour faire triompher ce dernier, et ils devaient à leurs richesses une influence que leur force numérique ne pouvait leur donner. D’un autre côté, les Yorkinos déclarèrent que, si Pedrazza était élu, ils refuseraient de le reconnaître. Ils allèrent même jusqu’à publier un manifeste qui se terminait par cet appel : « Aux armes, Mexicains ! si Pedrazza est président, il ne nous reste qu’à porter un joug honteux, ou à recommencer la révolution. »

Cependant le 1er septembre 1828, époque fixée pour l’élection, approchait, et dans les dix-neuf états[1] dont se compose l’Union l’on discutait les chances de succès des deux rivaux. Des révélations indiscrètes ayant appris que les Espa-

  1. Mexico, Puebla, Queretaro, Vera-Cruz, Valladolid, Guanaxuato, Xalisco, Zacatécas, Oaxaca, San Luis Potosi, Durango, Cohahuila, Texas, Tamaulipas, Nuevo Leon, Chihuaha, Chiapa, Tabasco et Sonora.